coupeur4ème de couverture :

Lors d'une promenade autour d'un ancien palais impérial, le sanctuaire de Minase, le narrateur rencontre un homme étrange. Est-ce un fantôme, un esprit qui hante les lieux ? Celui-ci lui offre du saké et lui raconte l'histoire de la belle O-Yû, perverse et inaccessible ... 

Mon avis :

Un mot tout d'abord sur la 4ème de couverture, tout un art sans qu'il n'y paraisse. Elles sont en général extrêmement bien rédigées. Tellement bien que la lecture du roman devient irrésistible. Hélas, on observera que plus la 4ème de couv' est tentante plus le contenu est médiocre. Celle ci-dessus est encore un autre cas d'espèce, elle expose des détails si insignifiants dans l'histoire, voire erronés, que le lecteur en sera cette fois non pas déçu mais perplexe ...  Je suis d'avis que les 4ème de couv' se doivent d'être signées, à la fois parce que certaines sont talentueuses, et surtout parce qu'ainsi le lecteur averti pourrait éviter de se faire gruger plusieurs fois par un même rédacteur.

L'histoire du coupeur de roseaux est courte, seulement une centaine de pages dont les trente premières sont une longue promenade poétique dans le campagne japonaise un soir de pleine lune ... jusque là ça m'avait ennuyée, surgit enfin le coupeur de roseaux qui va, c'est saugrenu, raconter l'histoire amoureuse de son père à notre promeneur.

Récit d'un amour impossible, un homme et deux soeurs, l'une qu'il épouse pour être plus proche de la seconde qu'il ne peut épouser. O-Shizu l'épousée favorise une liaison entre sa soeur aînée et son mari, tout en demeurant chaste dans son mariage. La belle Ô-Yu est une enfant gâtée qui je crois s'accomode lascivement de la perversion de sa petite soeur. Car s'il y a perversité dans ce roman, comme l'indique la 4ème de couv', c'est chez la soeur cadette O-Shizu qu'elle se trouve.

Le style du récit est très japonais, comment le décrire autrement ? Lent, précis, traditionnel, et pourtant on se laisse pièger par un petit suspens. C'est l'équivalent d'un court épisode des "feux de l'amour", avec une légère variante cependant car le mystère réside dans l'identité de la mère.

Je ne relirai probablement pas cet auteur, sans non plus regretter de l'avoir lu. Un peu comme la rencontre d'une agréable soirée dont on repartira sans le numéro de portable.

Le coupeur de roseaux – Junichiro Tanizaki
Traduit du japonais par Daniel Struve

Folio 2€

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