glattauer_quand_souffle_vent_nord

J'ai d'abord lu "Quand souffle le vent du nord" sans laisser à Comète le temps de me le prêter. Pas tellement par empressement au challenge d' Heide, mais parce que le sujet des échanges électroniques est en liste pour mon prochain examen, je suis studieuse donc ... Ce recueil de mails entre deux inconnus me promettait de renouveller le genre épistolaire, attisait mon envie de revivre des jeux de séduction éprouvés, la perspective d'une aventure légère et distrayante ; ce fût.

Séduire par l'écriture, le charme du mot qui est choisi. Mesurer la densité de son message, la sensibilité du lecteur, surprendre ou décevoir à desseins ... une stratégie que l'on ne s'avoue pas mais qui prend tounure d'envoûtement et piège dans la sincérité au rayon des grands sentiments. Du plaisir ! on vibre avec ce couple d'inconnus, le lecteur aussi tombe en sentiments, se surprend d'impatience! Hélas on tourne en rond, Daniel Glattauer piètine, répète les renoncements de dernière minute, le roman sombre alors dans un cumul des situations peu crédibles même si le lecteur est tenté d'y croire encore. 

Je préterai tout de même ce livre pour un bon divertissement, une histoire sentimentale qui se lit sans gêne, mais qui déçoit.
 

helga

A la suite de quoi, "la lettre à Helga" n'a rien à comparer, allez savoir pourquoi je les compare ! Parce qu'il s'agit d'une lettre certes, une seule lettre, comme l'épilogue d'une histoire qui n'a pas trouvé son interlocuteur. Je discerne maintenant que là se tient ma déception, une lettre écrite pour rien, dont l'auteur savait qu'elle ne serait pas lue. Le point final d'une lâcheté à son comble.
J'aime l'Islande d'Arnaldur Indriðason,  les paysages de solitude, la force et la rusticité des islandais. Je comptais bien retrouver cette attirance dans les pages de Bergsveinn Birgisson, qui plus est une lettre d'amour. Mais ici la rusticité est brutale et dégradante, l'amour se contente du désir, l'ensemble est navrant.
 
L'écriture m'a laissée sans émotion et sans l'émulation des nombreux billets admiratifs que j'avais pu lire, il me semble que j'aurais abandonné ce livre. C'eût été dommage car mon plus grand motif de déception était à la fin. C'est pourtant des deux livres celui où je peux retenir une citation :
" Quand je survole des yeux cette tranche du passé, je me dis que mieux vaut ne jamais croiser l'amour sur sa route -car une fois qu'on l'a perdu, on se retrouve bien plus mal loti qu'avant."  Un avis qui retient mon attention tant j'hésite à le partager.
J'ai cependant lu ce livre avec le plaisir qu'il me soit prêté par Philisine, (merci), je ne suis qu'un maillon à la suite d'une chaîne de lectrices qui l'ont aimé.

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