Réservoir' blog

Quelques avis ou tuyaux, des auteurs, des passions et parfois des déceptions, un peu d'humeur.

mardi 26 août 2008

à la sauce dieppoise !

Yvonne BESSON est venue me surprendre dans ma lassitude de lectures décevantes.

L'auteur

D'origine bretonne YB enseigne le français et vit à Dieppe, petite ville portuaire de haute-normandie. Prédestinée à la littérature par le contexte familial d'un père libraire et d'une mère enseignante.YB traite de ce qu'elle connait puisqu'elle situe ses romans policiers dans la petite ville de Marville, un clone de la ville de Dieppe, dans le milieu enseignant et culturel.
"un coin tranquille pour mourrir" est son dernier roman paru en 2004, précédé de :
"meurtres à l'antique", 1998.
"la nuit des autres", 1999.
"Double dames contre la mort", 2002.

Quelques sites et interviews que j'ai trouvé intéressants sur le web :

http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/continue-la/Yvonne-Besson
http://lycees.ac-rouen.fr/hurlevent/travaux/Besson/besson.htm
http://yvonnebesson.rayonpolar.com/

(sur le dernier site ci-dessus, site officiel d'Yvonne BESSON, vous retrouverez en bonne place quelques photos de notre ami Claude Mesplède)!
On peut aussi s'apercevoir que l'ambiance enfumée au goût de rhum de son roman est assez autobiographique ...

L'histoire

Un tueur en série fait le récit de sa démarche meurtrière sur un journal intime destiné à sa postérité au fur et à mesure que ses crimes se déroulent autour d'un cercle d'enseignants de la ville de Marville.
Carole Riou nouvellement nommée commandant de police judiciaire à Rouen, et en pleine remise en question de sa vocation, va pourtant prendre en charge cette enquête au coeur d'une ville et d'un milieu qu'elle fréquente au quotidien.

Mon opinion

Ce roman m'a enchantée parce qu'il est délicatement venu se nicher dans ma boite aux lettres à un moment où j'avais besoin de lui. J'ai plongé toute entière dans ce portrait sans pitié d'une communauté intellectuelle provinciale qui tente de maintenir l'activité culturelle d'une ville échouée. L'historique économique de Marville, son contexte social, et l'actualité politique des réformes de l'enseignement permettent à l'auteur de développer des personnages réalistes en crise morale.

J'ai trouvé cependant que l'auteur a un peu trop politisé son roman en plaçant ouvertement le clivage gauche intellectuelle/droite cupide d'une manière très réductrice. J ai aussi regretté de ne pas trouver chez YB l'humour qui me plait tant chez Fred Vargas ou Brigitte Aubert.

Très intéressant également dans ce roman un petit plaidoyer pour la littérature policière, et pour ses auteurs qui ne déméritent pas d'écrire du polar plutôt que de la poésie ou du théâtre, tandis que le thriller sanglant et complaisant est fustigé. Je vous livre, une fois n'est pas coutume, un petit extrait :
" - Vous semblez mettre tous les livres dans le même sac à chimères. Il n'y a pas que ceux que lit Marc ! Je concède qu'ils s'apparentent à un jeu, genre Cluedo. Mais beaucoup de romans noirs décrivent bien la réalité, dénoncent une société pourrie engendrant des tueurs froids, ne se complaisent pas dans l'enquête pour l'enquête. On en a besoin, non, de cet oeil critique de l'écrivain sur le monde qui l'entoure ?"

"un coin tranquille pour mourrir" est l'illustration exacte de la description ci-dessus, d'ailleurs l'enquête pour l'enquête et le dénouement ne vous apporteront pas tant de plaisir que la peinture de ce microcosme littéraire sous la pluie d'une petite ville de province qui se meurt.1_coin_tranquille_pour_mourrir

Posté par fersenette à 07:44:00 PM - Opinion POLAR Livre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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lundi 18 août 2008

ADN foireux

rapt- RAPT DE NUIT - Patricia Mac Donald
ALBIN MICHEL, 383 pages ! 21, 50 euros

Je me suis fait raptée, par un nouveau roman tout frais imprimé mis en avant à la médiathèque. Je n'ai pas trop hésité toute à ma joie d'être celle qui l'avait vu en premier. La convoitise est un vilain défaut ! car je croyais avoir de la chance alors que j'allais tout simplement perdre quelques semaines de lecture fastidieuse quand des romans passionnants m'attendent ...

L'auteur :
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Née à New York le 1er août 1949,Patricia MacDonald est un auteur de romans policiers américain . Elle a suivi des études de journalisme à Boston puis a collaboré à la rédaction de nombreux magazines, de tous styles. Après son mariage avec l'écrivain Art Bourgeau, elle s'intéresse à l'écriture et se destine à la rédaction de romans à suspense. Elle n'a pas vraiment de personnages fétiches.

Ses romans :
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Expiation (The Unforgiven), 1981
Un étranger dans la maison (Stranger in the House), 1985
Petite sœur (Little Sister), 1987
Sans retour (No Way Home), 1989
La double mort de Linda (Mother's Day), 1994
Une femme sous surveillance (Secret Admirer), 1995
Personnes disparues (Missing Persons), 1997
Une histoire de bébé volé
Dernier refuge, 2001
Un coupable trop parfait, 2002
Origine suspecte (Suspicious Origin), 2003
La fille sans visage, 2005
J'ai épousé un inconnu, 2006

L'histoire :
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Une nuit, dans un camping, une petite fille de 9 ans assiste, impuissante à l'enlèvement de sa soeur ainée qui sera retrouvée violée et étranglée. Suite à son témoignage, le coupable est rapidement arrêté et executé.

Néanmoins, vingt ans plus tard, l'affaire est réouverte et une analyse ADN démontre que l'homme exécuté n'était pas le vrai coupable...
Tess, le temoin, n'hésite pas à s'investir dans l'affaire pour faire la lumière sur toute cette histoire et en finir avec la culpabilité qui ne la quitte pas....

Mon avis :
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L'ADN tue le polar !
La science épargne désormais les méninges, on émet une hypothèse ou on ratisse large et on compare les échantillons d'ADN, c'est çà l'enquête criminelle d'aujourd'hui, quel intérêt  ? pour le lecteur du moins. Dans la vie vraie évidemment c'est une autre histoire, et ici l'auteur pose l'intéressant problème de la peine de mort, et ses personnages donnent une réponse.

Pour le reste ce roman est romantique, et applique le concept des romans de Mary Higgins Clark. Une belle jeune femme malheureuse est en danger, un bel homme de bonne situation est briévement suspecté par le lecteur avant de s'avérer un sauveur. Nous sommes dans la bourgeoisie américaine de bon ton, et tout se terminera par une belle famille recomposée au bonheur douillet.

Je ne crache pas plus sur ce type de roman, ils ont le mérite de faire lire et d'amener des lectrices au polar, c'est mon cas, il y a + de 15 ans j'ai lu des Mary Higgins Clark, puis des Patricia Mac Donald, puis des Patricia Cornwell ... et me voici parmi vous inconditionnellement fan de Fred Vargas.

Ne jamais désespérer.

Posté par fersenette à 03:21:00 PM - Opinion THRILLER - Livre - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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lundi 11 août 2008

Piégée dans un corps

b_aubert"La mort des bois" - Brigitte Aubert

Voilà un roman qui ne manque pas d'originalité, sa force et sa faiblesse, car c'est une originalité qui porte à l'incrédibilité. Ce sera mon plus grand reproche, pour le reste c'est assez prenant, et surtout la narratrice distille un humour assez piquant dans l'autodérision qui m'a beaucoup séduite.

La narratrice donc, c'est Elise, victime d'un attentat terroriste en irlande avec son fiancé. Elle y survivra mais reste tétraplégique, muette et aveugle. Un seul de ses sens fonctionne normalement : l'ouïe. Elle vit près d'une femme dévouée, Yvette, qui lui fait profiter comme elle peut d'un environnement avec lequel elle ne peut plus du tout communiquer.

Un jour, lors d'une promenade en fauteuil une petite fille s'approche, Virginie, et lui fait des confidences qu'Elise rapproche de faits divers en cours. Elise vit désormais l'angoisse des éléments qui lui sont rapportés par divers interlocuteurs sans pouvoir interférer dans les évènements. ...  La peur s'installe ...

La situation physique de la narratrice est terriblement angoissante, oppressante, et peut mettre le lecteur très mal à l'aise, c'est à ce titre que le roman a un certain cachet et vaut d'avoir été lu, au-delà de quelques délicieuses notes d'humour noir. Cependant rien de très bluffant, un dénouement presque rocambolesque et là encore peu crédible.

Paradoxalement, je suis assez tentée de vous conseiller de lire ce roman pourtant moyen.




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