dimanche 30 août 2009
Oucht !
Présentation de l'éditeur :
D'abord une invasion de cafards, puis de souris, et enfin de rats : la villa que le commissaire Montalbano a trouvée à Vigàta pour des amis de sa fiancée Livia semble vraiment maudite. La série de catastrophes atteint son paroxysme lorsque le petit garçon du couple disparaît... pour être finalement retrouvé sain et sauf dans un sous-sol dont les locataires mêmes ignoraient l'existence. Mais une autre découverte y attend le commissaire : le cadavre d'une jeune fille du village disparue plusieurs années auparavant. Dans la chaleur étouffante du mois d'août en Sicile, Montalbano se lance dans une nouvelle enquête dont la progression est perturbée par la sœur jumelle de la défunte, la ravissante Adriana. Un été ardent pour le commissaire préféré des Italiens qui, entre angoisses de l'âge et tourments de la chair, devra, avant tout, garder la tête froide...
- Editeur : Fleuve Noir (15 janvier 2009)
- Langue : Français
- ISBN : 978-2265086050
De la couverture et du titre on dirait "un livre pour les filles", du genre outrageusement romantique et estival.
Très méditérranéen pour le moins, il m'a été vraiment difficile de m'adapter à la traduction de cette enquête sicilienne, d'autant que les premiers chapitres sont lourds en dialogues. J'ai finalement pris l'option de laisser chanter la langue mentalement pour me donner un rythme, et ainsi parvenir à ce qu'aurait pu être ma lecture si je lisais le pâtois sicilien d'origine. C'est un grand renoncement pour qui aime la belle langue française et les effets de style.
Une fois qu'on s'y est fait, reste que l'histoire n'est pas prenante et les personnages sont quelconques. Néanmoins, on parvient si bien à ressentir l'atmosphère de la Sicile, que la chaleur est vite insupportable. J'ai perçu la fraîcheur du frigo ouvert par le commissaire et l'irrépréssible envie de bains de mer. Agacée par la redondance des effets, qu'il s'agisse du frigo ou des vêtements trempés de sueur, je crois pourtant que ces répétitions participent à l'accablement caniculaire qui se propage ainsi jusqu'au lecteur comme une traîne savate.
La carte postale sicilienne est complète avec les comportements et réflexes mafieux que Camilleri peint avec fatalisme. C'est presque trop moche pour être vrai.
Comme l'auteur dilue son histoire avec humour et pittoresque le lecteur peut se laisser bercer jusqu'au bout, mais il aura beaucoup plus de facilités à sortir de ce roman qu'à y entrer.
Ce roman m'a été gentillement offert à l'occasion du rallye Books & the city ... Merci !
jeudi 13 août 2009
ROSEANNA
« Roseanna », par Maj Sjöwall et Per Wahlöö, traduit de l’anglais par Michel Deutsch, Rivages/Noir (2 avril 2008), 312 pages. Poche. 9 €. ISBN : 2-7436-1804-3
Maj Sjöwall est née à Malmö en 1935, elle écrit toujours. Per Wahlöö né en 1926 à Göteborg, est décédé en 1975. Ils s’étaient mariés en 1962. « Roseanna » (1965) est le premier volume à quatre mains.
Bien entendu j’avais déjà lu de bonnes et nombreuses critiques sur l’œuvre de ce couple d’auteurs, mais c’est la très belle couverture, Zen et inquiétante à la fois, de la réédition Rivages qui m’a décidée à tendre ce titre pour une dédicace à Maj Sjöwall lors du Salon du polar à Montigny les Cormeilles. C’était la première fois que je faisais ce geste et je m’en suis tout de suite trouvée extrêmement gênée car Maj Sjöwall est âgée, écrire mon nom puis signer fut pour elle un long effort que j’avais envie d’interrompre. Elle m’a rendue le livre avec politesse et froideur, mais cette dédicace restera la plus précieuse quand bien même j’en obtiendrais une de Fred Vargas un jour …
Dans le décor de la Suède des années 1960, Sjöwall & Wahlöö extraient une certaine noirceur. Roseanna est un roman policier entièrement lent et glacé, l’intrigue progresse au rythme d’une croisière sur un fleuve, les personnages suédois ont le tempérament de l’hiver. L’obstination est le trait de caractère le plus marqué de l’enquêteur Martin Beck ce qui en dit long sur le rythme et le relief du roman en général.
J’ai la sensation d’avoir lu un roman policier de qualité, hélas cela ne m’a pas évité l’ennui. La victime qui tient le titre est le personnage le plus attachant par son exotisme, sitôt identifiée on découvre une femme libre, indépendante et atypique comme on en fait peu encore de nos jours, finalement. Une proie facile. Le tueur se révèlera un psychopathe insoupçonnable comme on en croise dans tant de romans d’aujourd’hui. Je crois que ce roman était effectivement très novateur pour son époque, encore aujourd’hui la plupart des romans policiers suivent sa trace, mais pour un habitué des romans policiers ce roman ne paraîtra pas extraordinaire sans son historique.
Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"
mercredi 12 août 2009
épineux
Inscrite pour une liste de 4 lectures de la méga-liste « blog-o-trésors », j’ai déjà lu et critiqué « Le sang du temps » et « Quelqu’un d’autre », me restent donc en liste : « Rue des boutiques obscures » et « Aimez-vous Brahms … ? ». Seulement voilà, je n’ai pas résisté à lire « l’élégance du hérisson » et je viens de commencer « 24 heures de la vie d’une femme » qui figurent en bonne place dans la méga-liste …
Ce n’est pas tout ce qu’on en a dit qui m’a poussée vers le roman de Muriel Barbéry, bien au contraire j’ai la fâcheuse tendance à bouder les Best-sellers, en revanche il m’arrive de craquer, c’est bête, pour l’esthétique d’une couverture. C’est bien le cas de l’édition Folio placardée sur tous les murs de la capitale et jusque sur le quai de la gare d’Evreux. Séduite par l'objet, comme quoi le goût des livres c’est aussi le goût du livre.
Bon, le roman …
Comme j’ai peiné à trouver de l’intérêt dans la démarche de l’auteur !
Pas du tout convaincue par la dissection d’une bonne concierge. Quel toupet de qualifier la médiocrité culturelle d’une concierge au travers de ses habitudes gourmandes ! En quoi la consommation de foie de veau et de cassoulet serait le signe d’une inaptitude intellectuelle ? L’éveil de l’esprit serait donc en rapport étroit avec la préciosité ? Tandis que le goût pour des mets sophistiqués qui vous laissent un goût de trop peu et le porte-monnaie sec sont un signe d’érudition avancé. C’est sans doute le cliché le plus honteux et le plus risible du roman. Mais peut-être l’auteur a-t-elle cherché à choquer plutôt qu’à convaincre. Les intellos mal fringués amateurs de vin rouge et de charcuterie apprécieront. En ce qui me concerne, j’échoue dans la perplexité et la remise en question de mes gourmandises éclectiques. Fan de sushis et de thés, de fromages affinés accompagnés d’un café au lait, de macarons et de pain perdu … mais que dois-je lire ? Muriel Barbéry dans son édition estivale folio ?
Néanmoins je me suis prise à l’histoire dès lors que le projecteur s’est tourné vers la jeune fille surdouée, prise à cœur je n’ai plus lâché l’histoire, pouffant de rire et terminant sur quelques larmes il faut l’avouer. Finalement ce récit eût été une complète réussite s’il n’avait été question de cette concierge grotesque dans le personnage comme dans la détermination. Il me semble que la sensibilité et l’humour de l’adolescente qui ne supporte plus sa famille ni ses voisins suffisaient à un roman. Ce qui aurait épargné au lecteur le laborieux étalage de littérature impopulaire pas tellement élégant.
dimanche 21 décembre 2008
La BABA-YAGA, 1er roman
Le meurtre d'une fille de l'Est mal mariée nous plonge au cœur d'une intrigue médicale très contemporaine, qui traite du désir d'enfant avec beaucoup de vérité. La paternité autant que la maternité sont le fil rouge de ce roman policier très intelligent et lucide.
Je suis certaine que le style et l'humour d'Elisa Vix vont s'intensifier au long de ses prochains romans, et c'est sans doute pour cela que le deuxième a obtenu le prix 2007 du salon du polar de Montigny-les-Cormeillesavec "Mad Dog".
Qui est Elisa Vix ?
Pas de recopiage, vous découvrirez Elisa Vix par les deux liens ci-dessous, si vous n'avez pas eu comme moi la chance de faire sa connaissance avant de la lire.
http://elisa.vix.club.fr/index.html
http://www.odin-editions.com/vix.htm
Ce que je n'ai pas aimé :
- Le style un peu guindé qui s'assouplit pourtant au fur et à mesure du roman, et laisse présager d'une belle personnalité d'écriture dans les romans futurs.
- Retrouver, autant physiquement que psychologiquement, le personnage monolithique de Violette Retancourt (Inspecteur aux côtés d'Adamsberg chez F. Vargas), même si elle s'appelle ici Joana qu'elle a un quelque chose de plus sexy et un historique traumatique qui assoit son personnage.
- Les tacles nominatifs amenés sans humour, peu nombreux fort heureusement, mais quand même Grangé et Boisset se prennent un coup de boule sans justification qui paraît gratuit. C'est gênant en ce sens qu'il ramène le lecteur à des réalités qu'il tentait de fuir par la lecture.
Ce que j'ai aimé :
- Une des pistes de ce roman policier m'a particulièrement interpellée puisqu'il fait référence à une hormone de synthèse dispensée sans discernement aux femmes enceintes, un grand scandale médical chroniquement étouffé que je connais hélas très bien, je fais partie des très nombreuses victimes. Quand vous lirez Utérel vous pourrez penser Distilbène, n'est-ce pas Madame Vix ?
Les victimes sont d'autant plus nombreuses que beaucoup s'ignorent encore ! le scandale du Distilbène est traité de manière confidentielle par le corps médical : il y a déni, donc peu ou pas d'information, de nombreuses femmes entre 30 et 45 ans se lancent dans des grossesses à risques ignorant totalement qu'elles sont « fille DES ». Une nouvelle problèmatique se profile : quelles sont les conséquences sur la troisième génération ? quelles seront les séquelles des bébés nés miraculeusement viables ? Je profite donc de diffuser ici deux adresses qui expliquent le phénomène :
http://forums.france5.fr/lesmaternelles/Risques/Distilbene/distilbene-troisieme-generation-sujet_197_1.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Di%C3%A9thylstilbestrol
Ce que j'ai beaucoup aimé :
- Les tranches de vie bien croquées comme « le virus footbalistique », « le pédophile-qui-rôde », l'épisode des poux, et la vision très éclairée de ce que deviennent nos charmants poupins lorsqu'ils se transforment en adolescents (!). Je me suis souvent retrouvée dans l'acuité sans complexe d'Elisa Vix. On peut être une mère de famille paranoïaque mais épanouie sans cultiver la complaisance, convenir que nos progénitures sont aussi une source d'emmerdements sans limite, une porte ouverte sur toutes les culpabilités, et l'expression la plus pure de ce que peut être l'injustice, même si parfois ils sont aussi l'expression de l'amour le plus pur. Thierry Sauvage, l'enquêteur, se posent les bonnes questions face à la parentalité.
Elisa Vix parvient assez facilement à mener son roman policier tout en disséquant sans ennui des questions humaines. Ces questions ne servent pas de décorum à l'histoire, elles sont approfondies et la scelle. Ce roman est profondément féminin.
jeudi 16 octobre 2008
TRUCULENT
lundi 11 août 2008
Piégée dans un corps
"La mort des bois" - Brigitte Aubert
Voilà un roman qui ne manque pas d'originalité, sa force et sa faiblesse, car c'est une originalité qui porte à l'incrédibilité. Ce sera mon plus grand reproche, pour le reste c'est assez prenant, et surtout la narratrice distille un humour assez piquant dans l'autodérision qui m'a beaucoup séduite.
La narratrice donc, c'est Elise, victime d'un attentat terroriste en irlande avec son fiancé. Elle y survivra mais reste tétraplégique, muette et aveugle. Un seul de ses sens fonctionne normalement : l'ouïe. Elle vit près d'une femme dévouée, Yvette, qui lui fait profiter comme elle peut d'un environnement avec lequel elle ne peut plus du tout communiquer.
Un jour, lors d'une promenade en fauteuil une petite fille s'approche, Virginie, et lui fait des confidences qu'Elise rapproche de faits divers en cours. Elise vit désormais l'angoisse des éléments qui lui sont rapportés par divers interlocuteurs sans pouvoir interférer dans les évènements. ... La peur s'installe ...
La situation physique de la narratrice est terriblement angoissante, oppressante, et peut mettre le lecteur très mal à l'aise, c'est à ce titre que le roman a un certain cachet et vaut d'avoir été lu, au-delà de quelques délicieuses notes d'humour noir. Cependant rien de très bluffant, un dénouement presque rocambolesque et là encore peu crédible.
Paradoxalement, je suis assez tentée de vous conseiller de lire ce roman pourtant moyen.











