mardi 15 septembre 2009
Le marié était en robe ...
Un titre dont j'avais lu plusieurs critiques élogieuses au fil des blogs, je l'avais donc noté dans un coin de ma LAL, fictive puisque j'évite pour l'instant de créer une LAL pour palier aux affres de la PAL. Et puis me voilà prise dans les filets d'une offre alléchante sur BABELIO - masse critique
: un livre au choix en échange d'une critique. Pas dur et très tentant, ce livre y figurait et je n'ai pas hésité longtemps.

L'héroïne s'appelle Sophie, elle est complétement folle et c'est elle qui nous en parle dès le début. Elle oublie tout, perd tout, ne se rappelle plus de ce qu'elle a fait. Sa vie est un mystère, et elle même se demande pourquoi comment elle a tué ce petit garçon dont elle avait la garde. Malgrè un état second, elle réagit par instinct et organise sa fuite. On la découvre désordonnée mais intelligente. Course haletante pendant une centaine de pages pour une cavale réussie. Puis le roman bascule, on change de narrateur avec stupeur ... et c'est là que nous découvrons un chef-d'oeuvre de perversité.
Grâce au rythme haletant on ne s'arrête pas aux quelques déjà-vu-si-souvent, c'est lassant à la longue les caves aux murs recouverts de photos volées à la victime. Mais ce roman est un excellent thriller qui ravira les amateurs de suspens, le rythme est soutenu jusqu'à la fin : c'est le plaisir recherché par le lecteur de thrillers.
ça me fait un titre de moins dans ma PAL !
mardi 18 août 2009
Ineffacable
Un homme dans la poche - Aurélie Filippetti 
- Poche - Broché Paru le : 14/06/2007 Editeur : Points Collection : Points ISBN : 978-2-7578-0122-2 EAN : 9782757801222 Nb. de pages : 211 pages
Acquis dès sa sortie en 2007, je n’ai trouvé le courage de le lire que ce week end.
C’est l’histoire d’un amour passionnel adultère. Un amour perdu.
Comme je m’en doutais j’en ressors choquée. Parce que tout est véritable, exprimé comme je voudrais l’exprimer aussi. « Tout, j’ai tout retrouvé » chanterait Barbara. L’auteur nous livre le moindre fragment de son cœur sans jamais mentir. Je le sais, elle n’a rien inventé. Aimer un homme marié c’est exactement cela. Comment on compose, comment on supporte, ce que l’on cauchemarde, tout y est. Je fais le même cauchemar qu’Aurélie Filippetti depuis des années. Dans tous les sens du terme.
Ma seule déception, c’est que j’avais hâte de lire la fin, pour savoir comment elle s’en sort. On n’en sort pas. C’est un piège dont l’issue est fatale. Je regrette de ne pas avoir trouvé de réponse, c'est-à-dire une solution, mais au moins je ne suis pas folle, j’éprouve ce que l’on doit éprouver en pareille situation, c’est déjà un peu rassurant. Même si je demeure troublée d’avoir lu des déclarations que je croyais intimes et uniques, de m’être heurtée aux mêmes difficultés comme la soirée de cinéma, de me réjouir des mêmes stratagèmes de communication moderne …
Evidemment l’histoire diffère un tout petit peu de la mienne. La différence d’âge et la projection du père ne m’évoque rien de personnel, pas plus que les écarts de deux classes sociales. Néanmoins, quel que soit le contexte, les émotions sont rigoureusement les mêmes, décrites au plus juste, au plus touchant. Beaucoup de passages sont magnifiques, parfaits. Je témoigne de l’exactitude d’un ressenti qu’on ne pourrait imaginer sans l’avoir vécu.
Quand bien même on ne s’y reconnaîtrait pas, on peut lire ce roman et s’émerveiller d’une passion quand même peu fréquente. C’est sublime comme une histoire, mais c’est un témoignage d'une authenticité bouleversante. L'écriture d'Aurélie FILIPPETTI est remarquable.
jeudi 11 septembre 2008
PLOG !
Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.
Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.
Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.
Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.
Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.
Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.





