mercredi 24 septembre 2008
Sa première fois ...
Les jeux de l’amour et de la mort, rien à voir avec Marivaux ! Ici meurtres, peinture contemporaine, Bars louches à San Francisco ...
Thomas Soler est un jeune peintre parisien qui peine à s'imposer, pas de contacts mondains et donc pas d'accès aux galeries d'art. Mais le hasard lui fait croiser son idole, le très riche et très célèbre peintre américain RS Gaylor. Tom trouvera le moyen de se faire introduire auprès de lui au cours d'une soirée très courue. Malheureusement, non seulement il ne parvient pas à se faire remarquer, mais il découvre le cadavre de l'américain qui l'avait introduit à la soirée dans le bureau du maître. Un peu sensible comme on le verra ensuite le jeune homme s'enfuit, et là en revanche on le remarque ! ... Le voilà suspect idéal dans cette affaire dirigée par l'inspecteur Galtier.
Cet inspecteur Galtier est donc le premier inspecteur de Fred VARGAS. Le premier roman de Fred Vargas pourra paraître assez classique à ceux qui ont lu les suivants. Néanmoins on reconnait déjà un écrivain inventif aux personnages décalés, aux histoires improbables mais tentantes.
L'auteur nous sème sur différentes pistes mais surtout je dirais sur différents point de vue, car elle alterne les narrateurs ce qui distrait le lecteur d'une réflexion suivie, et lui évite l'ennui par un va et vient d'atmosphères et d'état d'esprit.
Sur ce premier roman Fred Vargas est encore un peu timide dans son humour et dans la consistance de ses personnages, et pourtant on sent bien l'Adamsberg qui sommeille en l'inspecteur Galtier ! Mais c'est là qu'elle propose un roman policier plutôt dans la "norme" en laissant prédominer l'intrigue, ses noeuds et ses dénouements plutôt que l'originalité des protagonistes.
C'est un bon roman policier (prix cognac 1986), mais pas encore un bon Vargas. Pour autant c'est un rom'pol très prometteur de la future grande Fred Vargas qui mérite bien d'être lu.
jeudi 11 septembre 2008
PLOG !
Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.
Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.
Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.
Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.
Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.
Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.
dimanche 1 octobre 2006
L'Homme aux cercles bleus - Fred VARGAS
Un dimanche aura suffit à ma première lecture de l'auteur Fred VARGAS, une femme, Archéologue spécialiste du Moyen-Age, qui m'a fortement été conseillée. Comme on doit me prêter "pars vite et reviens tard", j'ai acquis "l'homme aux cercles bleus".
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L'enquêteur est un commissaire de police originaire des pyrénées fraîchement muté sur Paris, Jean-Baptiste Adamsberg. Tout au long du roman l'auteur s'attarde sur la personnalité "border-line" de ce héros, mais aussi sur celle des autres personnages. Tous sont étranges, assez peu crédibles.
Il y a une Océanographe belle, célèbre, et déjantée qui aborde un aveugle encore plus bizarre, dès leur rencontre ils auront des échanges d'une grande intimité intellectuelle, c'est surprenant.
Autour de ces trois personnages richement présentés, évoluent un inspecteur alcoolique et multi-mono-parental, une vieille fille friandes de petites annonces matrimoniales depuis des décennies, et une fantomatique fiancée perdue qui ponctue les pensées errantes de notre commissaire.
« Victor, mauvais sort, que fais tu dehors ? » telle est l'énigmatique question à la craie bleue que l'on retrouve sur les trottoirs parisiens jour après jours autour de cercles bleus, avec au centre les objets les plus divers. Le commissaire va sentir une affaire avant même qu'apparaisse le premier cadavre. Car il est presque médium ce commissaire, il n'enquête pas, il sent.
Et c'est bien ce qui m'a chagriné dans ce roman, c'est bien écrit, c'est curieux, mais il n'y a pour ainsi dire pas d'enquête. Le lecteur comme le coéquipier alcoolo, attend que le commissaire voit la lumière. Pour un peu on se mettrait à boire avec lui du vin blanc dans des verres en plastique, car c'est sans doute le seul personnage attachant de l'histoire.
Il y a un point commun entre le commissaire, un suspect et une victime : les petits carnets. Ils sont quand même trois pour ce seul polar à éprouver le besoin d'écrire des pensées aussi idiotes qu'inutiles. Même si le commissaire a copié sur les deux autres, c'est statistiquement improbable.
Lire ce livre n'est pour autant pas un inconvénient pour la bonne raison que le style de l'auteur est superbe, et que vous serez étonné(es) à chaque page. L'autre bon point est que vous ne démasquerez pas le criminel avant que le commissaire ne le "sente". Suspens donc,
Je lirai bientôt "pars vite et reviens tard", je vous dirai ce que j'en pense !





