Réservoir' blog

Quelques avis ou tuyaux, des auteurs, des passions et parfois des déceptions, un peu d'humeur.

jeudi 5 novembre 2009

Encore !

Je ne peux que conseiller à ceux qui ont aimé "MALAVITA" de se précipiter sur la suite "MALAVITA ENCORE" récemment sortie en poche. Je ne comprends pas la tièdeur de certaines critiques lors de sa parution. Certes il n'y a plus l'effet de surprise propre à la première fois, on connait déjà la famille... et ce dont elle est capable. Mais on retrouve l'enchantement d'une situation hors norme, décalée, souvent hilarante. J'espère la sortie prochaine d'un "MALAVITA ENCORE PLUS ?" la fin de cette deuxième partie appelle une suite pour chaque personnage.

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samedi 20 juin 2009

"Quelqu'un d'autre", Tonino Benacquista

Du bonheur d'être soi ...tonino

Vers Tonino Benacquista j'avance, pas à pas. Ceux qui suivent savent que je n'ai encore lu que « le serrurier volant » (courte histoire) et « la boîte noire » (recueil de nouvelles). J'ai donc encore de nombreux Benacquista à lire ;-) Ce qui me désole avec Fred Vargas c'est d'avoir tout lu, heureusement il est des auteurs qui se relisent même lorsque la PAL est vertigineuse comme le bord d'une falaise.

« Quelqu'un d'autre » est passé du statut de roman dans ma PAL à celui de défi  blog-o-trésors. Briévement le concept, sur une généreuse idée de grominou : chaque participant donne la liste des 10 livres qui ont marqué sa vie de lecteur, toutes les listes sont compilées, d'où chaque participant choisira 4 titres qu'il s'engage à lire et commenter. « Quelqu'un d'autre » est l'un de mes choix. Je l'avais déjà acquis lors d'une foire aux livres et retrouvé avec confiance dans la compilation des romans qui ont marqués la vie d'un lecteur. Où il mérite sa place.

L'idée du roman est d'emblée originale. Deux hommes se rencontrent, s'ensuit une cuite et un pari simple. Ils se séparent avec le défi mutuel de changer leur vie en 3 ans et de se retrouver dans ce bar. Les deux personnages vont se succéder au fil des chapitres, le lecteur suit la métamorphose de l'un qui va radicalement changer de nom, de métier, et même de visage ; tandis que l'autre va se révéler meilleur au fur et à mesure qu'il se laisse aller à l'alcoolisme.

Benacquista propose deux procédés contre les faux-semblants, deux alternatives aux apparences prédéfinies. J'ai adoré le thème. Merveilleuses métaphores que l'encadreur qui explose discrètement pour sortir sa vie d'un cadre, et le cadre qui devient supérieur le jour où il cesse de se plier aux bienséances et à la langue de bois dès lors qu'il boit ...

L'écriture de Tonino Benacquista semble simple, elle est accessible, elle parle vrai, pourtant elle réserve des effets sublimes. L'auteur assène par-ci par-là quelques coups de poignard aux absurdités sociales que nous subissons par défaut, auxquelles hélas nous nous plions tous, même les meilleurs.

Quand je pense que j'étais à moins une de passer le chapitre le plus jouissif ! Faut dire qu'il commence et s'étend largement sur la logorrhée d'un personnage suffisant, étalant ses exploits de restaurateur de plafond devant une assemblée de bouches bées. Je n'avais rien vu venir, je sous-estimais Benacquista qui ne m'aurait jamais fait perdre ainsi mon temps mes yeux pour rien. Je ne peux pas vous dire comment car je m'en voudrais de vous gâcher ce bonheur, mais la gifle fut magistrale.

Un bémol, le point noir que je voudrais presser de deux doigts déterminés : une ode à l'alcool, la mélopée de l'ivresse, gare aux chants des sirènes ! Dieu vous préserve de l'alcoolisme.

Je vous livre un court extrait :

«  l'acharnement de Didier à s'imposer dans les conversations était devenu insupportable. Il faisait partie de ceux qui accaparent le ballon à grand renfort de croche-pieds, pour ne jamais marquer. »

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lundi 1 juin 2009

Le magasin des suicides - Jean TEULé

Merci à Valunivers d'avoir fait circuler cet amusant petit roman !

J'ai globalement bien aimé l'histoire de cette famille, un peu Adams, qui distribue consciencieusement la mort dans un monde futur pas vraiment daté. Il y pleut des pluies acides, on peut donc situer un futur proche ... !

Le ton est à la fois acide comme la pluie et gai comme un cartoon, j'ai juste trouvé le Happy End un peu longuet, on en fini plus de se découvrir heureux.

Un petit roman bon pour le moral à lire entre deux gros pavés trop noirs.

Ce livre se trouve proposé dans le catalogue des livres voyageurs, je vous l'envoie quand vous voulez!

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samedi 30 mai 2009

MORT AUX CONS - Carl Aderhold

Voilà un roman qui sait être alléchant, par sa joyeuse couverture qui vous fait la fête, ainsi que par son titre très provocateur évidemment. Un roman noir avec beaucoup de gens qui meurent, un serial killer "hors série" ... sera-t-il démasqué ?

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Sans trop hésiter je dirais que c'est un roman qui vaut d'être lu, le sujet est excellent, l'humour noir est omniprésent, les questions se présentent fatalement au lecteur. Le seul risque est de se reconnaître "con" au détour d'une page. J'ai pris le risque, sans regret.

Festival de cons à dégommer, vous en reconnaîtrez beaucoup hélas certains vous manqueront. Moi j'ai regretté de ne pas trouver le con du cinéma qui se déchausse derrière à hauteur de vos narines, celui qui vous colle dans une file d'attente figée, et les innombrables cons des transports en commun. Pourtant l'auteur tente d'être exhaustif, du moins il creuse son sujet pour en arriver à quelques définitions expérimentales mais bien pensées, comme par exemple :

« La connerie, c'est très exactement une absence d'humanité. » Ou : « Le con ne doute jamais. »

Les deux premiers tiers du roman avancent avec sympathie avant que le roman ne prenne un tournant. Ensuite on s'emmêle dans une confusion porno-philo-médias ... Bref, le roman aurait pu être plus court, mais c'est une très belle tentative, un premier roman encourageant.

Voilà, une bonne idée, une écriture drôle et efficace, un auteur à suivre !

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vendredi 12 décembre 2008

Dérives ...

pascal_dessaint        Il m'avait prévenue, Pascal DESSAINT, c'est très noir. Moue dubitative, paupières froncées, il a corrigé le titre : « les hommes sont courageux » ... et si fragiles, vive la vie !

Vive la vie bien sûr, Pascal aime la nature, les animaux ... et donc les hommes, le vin et ses amis. Des amitiés si fortes qu'on pourrait se cogner sans se tenir rigueur, donner un coup de mains pour un meurtre qui n'en sera pas un, partager des solitudes, des dérives et de belles morts, toujours une paillette au coin de l'oeil. Aimer est une douleur, autant qu'une plénitude.

C'est un recueil de nouvelles noires, et facétieuses, j'ai aimé.

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dimanche 21 septembre 2008

2 avis pour le prix d'un !

anversSTATION ANVERS, DIRECTION LES ETOILES - José-Louis BOCQUET, photographies Stéphanie LEONARD.

Je commence par le dernier lu et le moins aimé, voire pas.

D'entrée la petite nouvelle semble alléchante par le quartier Anvers entre Pigalle et Barbès, pensez donc, on s'attend à une plongée dans les couleurs, les cris, les odeurs parmi les traînards, les petits vendeurs et les échappées ... Hélas rien de tel, le quartier est à peine évoqué. Alors l'histoire peut-être effacera cette déception, on pénètre le bureau d'un producteur musical minable qui se nommera K. jusqu'au bout. Mais les personnages ne prendront jamais d'épaisseur, et le diminutif K. d'intriguant deviendra pathétique puisqu'inexplicable. On arrive à la fin de l'histoire et il est rapporté qu'un crime fut (enfin) commis, pour des raisons sans intérêt et par des personnages qui le demeurent. Bref, c'est un gros flop, une histoire pour rien.

rouge_gorgeROUGE GORGE, RUE DU FAUBOURG DU TEMPLE - François SALVAING, Photographies Stéphanie LEONARD.

Là c'est autre chose ! Une fine plume découverte avec délices, une histoire qui s'alourdie au fil des pages et des images, des détails distillés avec puissance et parcimonie. J'ai adoré.

Le quartier du Faubourg du Temple, entre République et le Canal St martin, est merveilleusement dépeint, tout j'ai tout retrouvé*. L'intrigue, car intrigue il y a, non la narratrice n'est pas folle, se noue subtilement. Les personnages se dévoilent par bribes, presque par inadvertance. Il y a, comme un bonus, une véritable toile de fond : la maladie, le chemin de croix physique et psychique de la chimiothérapie.

De plus en plus lourd et noir, le déroulement du récit pourtant court, développe le malaise du lecteur pour l'amener à la consternation finale.

Du grand art, un échantillon magistral.

Je ne manquerai pas de relire François SALVAING.

* BARBARA - Mon enfance

Merci encore à Claude MESPLEDE pour la découverte de ces auteurs, je rappelle qu'il a dirigé cette collection. (Editions autrement)

mardi 9 septembre 2008

Dans les rues de la ville ...

La_vie_payenne... se promène le roman noir, NOIR URBAIN, éditions Autrement.
Collection conçue par Henry Dougier et dirigée par Claude Mesplède.

"Noir urbain" veut saisir au travers de fictions courtes, incisives, focalisées sur un fragment précis d'une ville, l'esprit du temps, les gens et les moeurs d'aujourd'hui. Comme le grand roman noir, ethnographique, des milieux urbains contemporains.

A cette collection je ne vois que des avantages :

Allier le plaisir des images à celui des mots par de superbes photographies noir et blanc,
Tester un auteur en investissant seulement une centaine de pages, parfois bien moins, c'est le livre d'une soirée ou deux ... ,
Petit format léger et sans prétention qui se glisse dans la poche du blouson pour parer à toute circonstance,
La découverte d'un lieu urbain particulier, essentiellement parisien je crois, c'est presque un aspect touristique,
Une présélection d'auteurs par l'expert du genre ;-)  soit comment ne pas perdre de temps, dégustez des échantillons choisis !

La vie payenne,  Jean-Bernard POUY

64 pages, dont 17 pages de photographies par Stéphanie LEONARD. ISBN 9 782746 705111.

Petit récit donc, une nouvelle, qui prend place au square Georges CAIN, rue Payenne. C'est l'histoire de cinq jeunes gens qui s'étaient dit rendez-vous dans 10 ans ...
Je ne peux rien vous dire d'autre sans déflorer l'histoire, si ce n'est qu'en quelques pages JB Pouy parvient à traiter d'un débat de société brûlant et poignant, donne une véritable identité à ses personnages, tout en diséquant un jardin public confidentiel.

C'est suffisant pour cerner un style, et surtout une humeur. Le ton humoristique est indéniable mais il est bien noir. J'y ai vu du sarcasme et de la raillerie, un ton tellement caustique qu'il n'y a aucune drôlerie, plutôt de l'aigritude. C'est noir certes, mais c'est pour mon goût à la limite du pesant.

A lire un jour où tout va bien.Pouy

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