dimanche 1 octobre 2006
Le cercle de dante - Matthew PEARL
"Le cercle de Dante" Matthew Pearl
Il s'agit d'un polar historique dans un genre érudit qui s'inscrit dans la lignée du « nom de la rose » d'umberto Eco. C'est l'histoire d'un tueur en série qui se situe à Boston en 1865, dans les milieux littéraires et universitaires, juste après la guerre de Sécession. Un juge très en vue est retrouvé mort dans sa propriété dévoré vivant par des larves d'insectes ! C'est la première victime de tortures d'une série de meurtres atroces. La police piétine, impuissante, incapable de comprendre la portée symbolique de ces meurtres, l'enquête s'oriente plutôt vers des vagabonds et des "monte-en-l'air".
Nos anti-héros sont quatre érudits : médecin, poètes, professeurs de lettres et de langues ; plus habitués aux salons qu'aux enquêtes, passionnés du poète italien Dante Alighieri qu'ils veulent traduire malgré la réprobation des hautes instances de l'université. « La divine comédie » est alors un texte jugé dangereux et subversif, méconnu du public américain. Ces quatre intellectuels constituent « Le Cercle de Dante » qui se réunit tous les mercredi pour l'étude et la traduction du poème. Au fur et à mesure de leurs avancées dans la traduction des meurtres seront commis, véritables mises en scène des supplices de l'enfer décrits par Dante. Nos élites devront alors mener l'enquête, autant pour se disculper que pour aider leur communauté.
L'auteur nous promène au cœur de la bonne société bostonienne de l'époque, qui patauge encore dans l'hypocrisie face à l'esclavagisme. On comprend toute la lâcheté qui prédomine dans ce petit monde d' intellectuels qui se conforte dans la dérision de leurs guéguerres littéraires, ignorant la misère du monde qui les entourent.
C'est un roman pour lequel il faut "payer", le lecteur doit véritablement s'investir dans la lecture. Ce roman est dense et brillant, mais c'est parfois un étalage de connaissances où se complait l'auteur Matthew Pearl, et qui peut rebuter le lecteur. Il faut je crois oublier la dimension policière pour pouvoir se contenter d'une action qui démarre vraiment vers la 200 ème page sur 400… pour rester jusqu'au bout une enquête de vieux intellectuels malmenés par les évènements. Il y a quand même quelques autopsies, rassurez-vous:-)
Je suis restée comme à côté de cette fresque historique et poétique, si peu policière. Sous prétexte de nous impliquer dans le contexte littéraire et politique de l'époque, l'auteur se perd dans de nombreuses digressions sur le microcosme des notables de boston, s'attarde sur le gant d'une épouse comme sur l'histoire des états unis après la guerre de Sécession. Le lecteur doit sans cesse se raccrocher au fil ténu qui lie cette histoire, il entrevoit néanmoins « la divine comédie » et peut être tenté de lire l'œuvre de Dante, c'est mon cas.
C'est malgré tout un roman à recommander pour ceux qui aiment les polars mais aussi la littérature et l'histoire.







