samedi 5 décembre 2009
Bollywood culinaire

4ème de couverture ... 
Un écrivain à succès, un médecin très médiatisé, miss Lalli et sa nièce, et des jetsetteurs très en vue se retrouvent dans une vieille bâtisse à la campagne pour un week-end gastronomique, qui s'annonce des plus plaisants. L'ambiance se délite quand on découvre le cadavre de l'un des convives. Commence alors un Cluedo grandeur nature ... Miss Lalli n'a pas dit son dernier mot.
Le côté Britannique ...
Ecrit en anglais ce roman policier porte le sceau des romans d'Agatha Christie. Bien que je n'en ai pas lu depuis mes jeunes années il me souvient bien des ingrédients. On rassemble sous quelque prétexte, un week-end sera parfait ; des personnages presque caricaturaux comme une jeune actrice ou un général en retraite qui tous auraient un mobile pour tuer ; dans un cadre qui a son cachet par exemple un vieux manoir ; sans oublier un enquêteur discret mais très observateur, on préférera une Miss, pour réunir au final les protagonistes afin de leur révéler la terrible vérité. Ce petit air de Cluedo avec un plan de la villa en introduction m'a vraiment rappelé des lectures de débutante, et pourtant il y avait un je ne sais quoi de moderne dans ce roman policier.
Ce que j'ai aimé ...
Une atmosphère Bollywoodienne parfois grotesque mais savoureusement indienne, naïve, souriante et exaltée dans les sentiments. Quelquechose de tout à fait indien. Les couleurs, les épices, les festins, la danse sont là pour accentuer l'effet. Par volonté de la traduction le récit est truffé de vocabulaire Indi, Ourdou, Tamoul ... ce qui oblige le lecteur à se référer au lexique en fin de roman, à moins que comme moi vous ne vous contentiez du mystère de ces langues inconnues.
Ce que je n'ai pas aimé ...
L'histoire avance sans rythme, au gré d'un style irrégulier. Il y a d'excellents passages qui ponctuent un ensemble assez poussif :
« - Je ne connais rien au monde de la gastronomie, dis-je franchement.
Mr Bajaj sourit. Un sourire glacial qui m'évoqua les nuits froides et l'impossible distance des étoiles.
- Je vais devoir me rendre compte par moi-même, conclut-il aimablement. »
L'humour de Kalpana SWAMINATHAN m'a dérangée, assez drôle pourtant mais grossièrement féminin. Une variante trop acide de ce qui aurait pu être piquant :
« Sane, qui est piégée tel un poisson un peu gras dans des choses arachnéennes en mousseline de soie et un corsage qui a l'air d'un Wonderbra porté devant-derrière. Elle doit être la seule femme au monde à exhiber un décolleté dans le dos. »
Globalement ...
C'est un who-done-it sans remous, le premier cadavre que tout lecteur aura prévu arrive après deux tiers du roman. Pour un polar à dominante gastronomique disons que l'intrigue manque de saveurs.
Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"
dimanche 30 août 2009
Oucht !
Présentation de l'éditeur :
D'abord une invasion de cafards, puis de souris, et enfin de rats : la villa que le commissaire Montalbano a trouvée à Vigàta pour des amis de sa fiancée Livia semble vraiment maudite. La série de catastrophes atteint son paroxysme lorsque le petit garçon du couple disparaît... pour être finalement retrouvé sain et sauf dans un sous-sol dont les locataires mêmes ignoraient l'existence. Mais une autre découverte y attend le commissaire : le cadavre d'une jeune fille du village disparue plusieurs années auparavant. Dans la chaleur étouffante du mois d'août en Sicile, Montalbano se lance dans une nouvelle enquête dont la progression est perturbée par la sœur jumelle de la défunte, la ravissante Adriana. Un été ardent pour le commissaire préféré des Italiens qui, entre angoisses de l'âge et tourments de la chair, devra, avant tout, garder la tête froide...
- Editeur : Fleuve Noir (15 janvier 2009)
- Langue : Français
- ISBN : 978-2265086050
De la couverture et du titre on dirait "un livre pour les filles", du genre outrageusement romantique et estival.
Très méditérranéen pour le moins, il m'a été vraiment difficile de m'adapter à la traduction de cette enquête sicilienne, d'autant que les premiers chapitres sont lourds en dialogues. J'ai finalement pris l'option de laisser chanter la langue mentalement pour me donner un rythme, et ainsi parvenir à ce qu'aurait pu être ma lecture si je lisais le pâtois sicilien d'origine. C'est un grand renoncement pour qui aime la belle langue française et les effets de style.
Une fois qu'on s'y est fait, reste que l'histoire n'est pas prenante et les personnages sont quelconques. Néanmoins, on parvient si bien à ressentir l'atmosphère de la Sicile, que la chaleur est vite insupportable. J'ai perçu la fraîcheur du frigo ouvert par le commissaire et l'irrépréssible envie de bains de mer. Agacée par la redondance des effets, qu'il s'agisse du frigo ou des vêtements trempés de sueur, je crois pourtant que ces répétitions participent à l'accablement caniculaire qui se propage ainsi jusqu'au lecteur comme une traîne savate.
La carte postale sicilienne est complète avec les comportements et réflexes mafieux que Camilleri peint avec fatalisme. C'est presque trop moche pour être vrai.
Comme l'auteur dilue son histoire avec humour et pittoresque le lecteur peut se laisser bercer jusqu'au bout, mais il aura beaucoup plus de facilités à sortir de ce roman qu'à y entrer.
Ce roman m'a été gentillement offert à l'occasion du rallye Books & the city ... Merci !
jeudi 13 août 2009
ROSEANNA
« Roseanna », par Maj Sjöwall et Per Wahlöö, traduit de l’anglais par Michel Deutsch, Rivages/Noir (2 avril 2008), 312 pages. Poche. 9 €. ISBN : 2-7436-1804-3
Maj Sjöwall est née à Malmö en 1935, elle écrit toujours. Per Wahlöö né en 1926 à Göteborg, est décédé en 1975. Ils s’étaient mariés en 1962. « Roseanna » (1965) est le premier volume à quatre mains.
Bien entendu j’avais déjà lu de bonnes et nombreuses critiques sur l’œuvre de ce couple d’auteurs, mais c’est la très belle couverture, Zen et inquiétante à la fois, de la réédition Rivages qui m’a décidée à tendre ce titre pour une dédicace à Maj Sjöwall lors du Salon du polar à Montigny les Cormeilles. C’était la première fois que je faisais ce geste et je m’en suis tout de suite trouvée extrêmement gênée car Maj Sjöwall est âgée, écrire mon nom puis signer fut pour elle un long effort que j’avais envie d’interrompre. Elle m’a rendue le livre avec politesse et froideur, mais cette dédicace restera la plus précieuse quand bien même j’en obtiendrais une de Fred Vargas un jour …
Dans le décor de la Suède des années 1960, Sjöwall & Wahlöö extraient une certaine noirceur. Roseanna est un roman policier entièrement lent et glacé, l’intrigue progresse au rythme d’une croisière sur un fleuve, les personnages suédois ont le tempérament de l’hiver. L’obstination est le trait de caractère le plus marqué de l’enquêteur Martin Beck ce qui en dit long sur le rythme et le relief du roman en général.
J’ai la sensation d’avoir lu un roman policier de qualité, hélas cela ne m’a pas évité l’ennui. La victime qui tient le titre est le personnage le plus attachant par son exotisme, sitôt identifiée on découvre une femme libre, indépendante et atypique comme on en fait peu encore de nos jours, finalement. Une proie facile. Le tueur se révèlera un psychopathe insoupçonnable comme on en croise dans tant de romans d’aujourd’hui. Je crois que ce roman était effectivement très novateur pour son époque, encore aujourd’hui la plupart des romans policiers suivent sa trace, mais pour un habitué des romans policiers ce roman ne paraîtra pas extraordinaire sans son historique.
Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"
samedi 9 mai 2009
Le dé d'Atanas - Hervé Picart - Editions Le castor astral
Dans le genre mystère antique et religieux, une recette qui prend le lecteur pour le mener avec sa curiosité jusqu'au bout du récit.
L'atmosphère est calculée, l'enquêteur a le charme poussièreux des brocantes et des buveurs de lait chaud (aromatisé à l'anis!) mixé à l'attrait des "experts" grâce à son arrière-boutique high tech. Il a aussi une assistante futée, un peu décalée dans son apparence "Lauren Bacall" mais très discrète ; de la déco en somme.
L'énigme arrive par le biais d'une belle inconnue, elle a le teint extrêmement pâle ce qui à croire l'auteur est un atout-charme, moi je dirais plutôt de c'est de mauvaise augure. Bref, tout est affaire de point de vue, le mien est extrêmement mitigé.
Certes, je me suis laissée portée sans mal au long de cette énigme historique, très originale, je n'avais jamais rien lu qui mette en scène des pratiques païennes médievales Lituaniennes. Ce récit est extrêmement bien écrit, mais souvent trop bien, c'est à dire que la belle écriture n'est pas toujours à propos. Dans les dialogues notamment, Hervé Picart ne varie pas son registre, on ne peut identifier un personnage par son langage qui est celui du narrateur. J'ai lu que l'auteur est un professeur de langues anciennes autant qu'un critique de Rockn'Roll. Le contraste des deux genres est exactement ce qui manque aux personnages de ce roman. J'aurais aimé un peu de rock dans les dialogues en alternance à la leçon d'histoire lituanienne. C'est donc l'uniformité du style qui m'a déçue sans pour autant m'empêcher d'être captivée par la résolution de l'énigme.
La 4ème de couverture :
Au coeur de la vieille ville de Bruges, une boutique au charme désuet et au nom troublant: L'Arcamonde. C'est le domaine de Frans Bogaert, gentleman distingué et cultivé qui se livre avec autant de flegme que de passion à ses activités d'antiquaire. Avec son assistante, étonnante réplique de Lauren Bacall, et à l'aide des instruments sophistiqués que recèle son atelier, Bogaert se livre à des expertises d'objets hors du commun.
Quand une mystérieuse dame d'Utrecht au charme slave ouvre la porte de L'Arcamonde un soir de neige, Bogaert ignore que le dé ancien qu'elle tient en main va le plonger dans une enquête qui le mènera sur la piste des dieux de la Lituanie médiévale et de leurs rites les plus ténébreux...
Edité par le Castor Astral :
Numéroté un d'une série de 12, déjà écrits déjà programmés pour leur publication, cette organisation me laisse sans voix ...
Un compromis entre le livre de poche et le broché, au tarif raisonnable de 12 euros.
Pour en savoir plus, tout est prévu, http://arcamonde.hautetfort.com, l'organisation marketing autour de cette publication est sans faille, ce qui me laisse très perplexe.
J'ai passé un bon moment de lecture, mais je ne suis pas totalement séduite, je ne l'étais pas non plus par mon premier Vargas ceci dit (l'homme aux cercles bleus) ... alors je lirai probablement le numéro 2 "l'orgue de quinte".
dimanche 22 mars 2009
La boîte noire porte bien son titre
Je cerne de mieux en mieux ce qu'on nomme roman noir, grâce à Pascal Garnier, puis Pascal Dessaint, et maintenant Tonino Benacquista ... et j'adore ! particulièrement par les récits courts et les petites nouvelles ...
Je viens de lire "la boîte noire" titre de la première et plus longue des nouvelles de ce recueil. A priori, celle qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique avec José Garcia (2005), mais je n'ai pas encore fait de recherches à ce sujet. C'est à mon avis l'histoire la moins intéressante du recueil, pourtant menée avec originalité mais vers un aboutissement un peu fade. Bref, il y avait un scenario à faire semble-t-il.
En revanche, je me suis délectée des historiettes suivantes qui ne raconte rien du tout mais avec subtilité, et celles surtout, et c'est je pense la définition partielle du roman noir, où des gens ordinaires vivent un jour comme les autres des destins extraordinaires. Le tout sur un fond pas trés gai tranché d'humour. En tous cas, si ce n'est pas la définition du roman noir c'est devenu la mienne, celle des romans qui me plaisent en ce moment ... et Tonino Benacquista est une tête d'affiche.
Je vous recommande "la volière", très tendre, et surtout "le transfert" qui rend à la perfection la tension du personnage jusqu'au dénouement : qui ne manque pas de piquant !
Un régal, vite lu, entre deux pavés c'est l'idéal. Comme un bonbon à la menthe au milieu d'une journée d'été.
lundi 2 mars 2009
La vie secrète du chat qui... : contes de Koko et Yom Yom d'après le journal de james mackintosh Qwilleran
"La vie secrète du chat qui ... " , Lilian Jackson Braun 
A éviter
C'était une blague ... ??
Deux chats siamois policiers, leurs aventures narrées au travers leur maître reporter. On s'est moqué de moi, c'était un piége. Couverture attrayante, idée originale à première vue, 4ème de couverture alléchante comme il se doit, le tout dans une collection 10/18 Grands Détectives.
L'ennui c'est qu'il n'y a pas d'enquête, pas d'intrigue, même pas une histoire.
Quelques anecdotes félines d'un inintérêt pitoyable, surtout pour qui comme moi possède un chat qui ne fait rien, tellement plus passionnant que ces deux siamois qui savent miauler et voler si j'ai bien compris. Mon chat à moi ne saute pas plus haut que sur une chaise si la motivation est conséquente, grogne sous la porte comme un chien si un étranger stagne devant, ne quitte jamais le périmètre du jardin même si la barrière est grande ouverte, reste sur le dos si on l'y met, mange ses boulettes une par une avec ses pattes, ne sait pas cracher, ni griffer d'ailleurs, se lave très peu et ne recouvre pas ses besoins. Mon chat est donc extraordinairement peu chat.
Je reste encore éberluée qu'on puisse écrire des séries de romans sans rien dedans, avec des histoires de chats qui sont chats, il suffit à un éditeur de prétendre que ses chats sont détectives. Je reconnais, quand même, qu'un jour pas fait comme un autre l'un d'eux à mené son maître vers une porte dérobée grâce à son flair, impressionnant.
Même si vous aimez les chats... évitez, mieux vaut lire le magazine 30 millions d'amis.
dimanche 22 février 2009
Portraits bien croqués
Tim COCKEY (USA)
L'auteur :
Etabli à New York depuis une dizaine d'années, Tim Cockey est né et a grandi à Baltimore, une ville à laquelle il est resté très attaché. Il est scénariste pour la télévision (ABC, Hallmark Entertainment). Après Le croque-mort a la vie dure, premier titre de la série, ont paru Le croque-mort préfère la bière, et en 2005 aux éditions Alvik, Le croque-mort à tombeau ouvert. La biographie de Tim COCKEY la plus complète trouvée sur le net : http://www.livres-online.com/-Cockey-Tim-.html
LE CROQUE MORT EST BON VIVANT
L'histoire :
Hitchcock et Libby, c'est de l'histoire ancienne. Mais la belle Libby est de retour... Ses deux enfants sous le bras, elle demande à son ancien amant de l'aider à retrouver sa nurse, disparue depuis une semaine. Hitch, croque-mort de profession et détective malgré lui, se lance dans l'enquête... Il devra garder tout son sang-froid pour ne pas perdre le fil d'une histoire fort encombrante.
Ma lecture :
D'emblée ravie par ce cadeau, une histoire à remonter le moral, touchante attention.
Je m'y suis jetée confiante après l'avoir inclus dans ma liste des "littératures policières 5 continents", petit défi lancé par catherine. La perspective d'un roman déjanté à l'humour ravageur me séduisait par avance, et effectivement le ton sarcastique et vaguement loufoque des premières pages m'a fait découvrir les dents "c'est un enterrement, lui rappelai-je. Tu devrais peut-être planquer tes dents" ; je ne résiste pas à une description du style "à peu près la tête du chien qui crève d'envie qu'on lui lance un bâton" c'est la phrase juste avant l'histoire des dents, autant dire que le plaisir de lecture démarrait sur les chapeaux de roues !
je souriais "comme un requin sourit à un pied pendouillant d'un bateau". Mais je me suis embourbée plusieurs semaines dans cette histoire sans âme, où les personnages décrits pourtant avec autant d'imagerie restent sans épaisseur. Des personnages peints comme des caricatures à la Tex Avery, les descriptions sont incontournables, mais il ne se passe pas grand chose dans ce roman ! L'histoire déambule sans qu'on s'y attache, on oublie l'intrigue, on perd les rôles principaux, on néglige les figurants. Bref, d'un chapitre à l'autre je m'égarais pour sauter de description en description.
Je n'ai pas perdu mon temps pour avoir lu "à mon idée, elle était sur la fin de la trentaine et entendait bien y rester. yeux verts crocodile. Sourire chaleureux, mais doigts glacés" ou encore "Les déhanchements exagérés qui lui furent nécessaires pour se frayer un chemin jusqu'à notre table sont probablement illégaux dans certains pays".
Je ne peux pas regretter d'avoir lu ce livre, je n'ai jamais pris autant de plaisir à lire des descriptions, elles sont toutes savoureuses qu'il s'agisse de personnages ou de situations, elles flattent l'imagination du lecteur. Mais cet attrait n'a pas suffit à m'éviter l'ennui d'une intrigue délayée qui se termine sans surprise et finalement sans aucun intérêt.
Je suis certaine que de ce roman on ne fera jamais un film.
A découvrir quand même, pour l'humour.
Traduit de l'anglais (étatsUnis) par Claire Breton. Paris : Points, DL 2006. 1 vol. (382 p.) ; couv. ill., 18 cm. (Points ; P1496). ISBN : 9782020845496. 
dimanche 18 janvier 2009
Enquêtes africaines - Alexander McCallSmith
Ma première lecture dans le cadre du "défi littérature policière 5 continents" :
L'auteur Alexander McCall Smith est un ressortissant britannique né au Zimbabwe, qui a vécu au botswana. Il réside aujourd'hui en Ecosse.
Ce roman est le premier d'une série qui met en scène l'héroïne Mma Ramotswe. Dans ce premier titre l'auteur nous décrit la vie de Mma et son parcours jusqu'à la création d'une agence de détective à Gabarone. Puis les premières affaires.
J'ai bien aimé lire ce roman rafraîchissant et bienveillant comme Mma ramotswe et son ami garagiste JLB Maketoni qui font le bien et enquêtent en évitant de mentir, avec respect pour les valeurs ancestrales de l'Afrique.
Ce roman est truffé d'anecdotes de l'enfance et de réflexions d'une femme africaine sur le monde."... elle était triste pour ces blancs qui (...) perdaient leur temps à courir en tous sens, pleins d'inquiètude pour des choses qui arriveraient de toute façon..." ou encore : "Pour les filles, les règles sont les mêmes, mais elles doivent en plus faire attention aux garçons et se tenir prêtes à leur dire qu'elles sont chrétiennes. Certains garçons ont du mal à le comprendre ... "
Dans la catégorie polars je suis beaucoup plus réservée sur ce roman, mais sans doute que les titres suivants me plairaient davantage une fois ce personnage bien planté. En effet, "Mma Ramotswe détective", est plus un succession d'historiettes qu'un roman policier avec une intrigue prenante.
En conclusion, je vous recommande ce livre pour ce qu'il laisse présager de la suite des aventures de Mma Ramotswe : grosse femme africaine, intelligente, rusée, juste et honnête, avec une pointe de naïveté.
dimanche 21 décembre 2008
La BABA-YAGA, 1er roman
Le meurtre d'une fille de l'Est mal mariée nous plonge au cœur d'une intrigue médicale très contemporaine, qui traite du désir d'enfant avec beaucoup de vérité. La paternité autant que la maternité sont le fil rouge de ce roman policier très intelligent et lucide.
Je suis certaine que le style et l'humour d'Elisa Vix vont s'intensifier au long de ses prochains romans, et c'est sans doute pour cela que le deuxième a obtenu le prix 2007 du salon du polar de Montigny-les-Cormeillesavec "Mad Dog".
Qui est Elisa Vix ?
Pas de recopiage, vous découvrirez Elisa Vix par les deux liens ci-dessous, si vous n'avez pas eu comme moi la chance de faire sa connaissance avant de la lire.
http://elisa.vix.club.fr/index.html
http://www.odin-editions.com/vix.htm
Ce que je n'ai pas aimé :
- Le style un peu guindé qui s'assouplit pourtant au fur et à mesure du roman, et laisse présager d'une belle personnalité d'écriture dans les romans futurs.
- Retrouver, autant physiquement que psychologiquement, le personnage monolithique de Violette Retancourt (Inspecteur aux côtés d'Adamsberg chez F. Vargas), même si elle s'appelle ici Joana qu'elle a un quelque chose de plus sexy et un historique traumatique qui assoit son personnage.
- Les tacles nominatifs amenés sans humour, peu nombreux fort heureusement, mais quand même Grangé et Boisset se prennent un coup de boule sans justification qui paraît gratuit. C'est gênant en ce sens qu'il ramène le lecteur à des réalités qu'il tentait de fuir par la lecture.
Ce que j'ai aimé :
- Une des pistes de ce roman policier m'a particulièrement interpellée puisqu'il fait référence à une hormone de synthèse dispensée sans discernement aux femmes enceintes, un grand scandale médical chroniquement étouffé que je connais hélas très bien, je fais partie des très nombreuses victimes. Quand vous lirez Utérel vous pourrez penser Distilbène, n'est-ce pas Madame Vix ?
Les victimes sont d'autant plus nombreuses que beaucoup s'ignorent encore ! le scandale du Distilbène est traité de manière confidentielle par le corps médical : il y a déni, donc peu ou pas d'information, de nombreuses femmes entre 30 et 45 ans se lancent dans des grossesses à risques ignorant totalement qu'elles sont « fille DES ». Une nouvelle problèmatique se profile : quelles sont les conséquences sur la troisième génération ? quelles seront les séquelles des bébés nés miraculeusement viables ? Je profite donc de diffuser ici deux adresses qui expliquent le phénomène :
http://forums.france5.fr/lesmaternelles/Risques/Distilbene/distilbene-troisieme-generation-sujet_197_1.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Di%C3%A9thylstilbestrol
Ce que j'ai beaucoup aimé :
- Les tranches de vie bien croquées comme « le virus footbalistique », « le pédophile-qui-rôde », l'épisode des poux, et la vision très éclairée de ce que deviennent nos charmants poupins lorsqu'ils se transforment en adolescents (!). Je me suis souvent retrouvée dans l'acuité sans complexe d'Elisa Vix. On peut être une mère de famille paranoïaque mais épanouie sans cultiver la complaisance, convenir que nos progénitures sont aussi une source d'emmerdements sans limite, une porte ouverte sur toutes les culpabilités, et l'expression la plus pure de ce que peut être l'injustice, même si parfois ils sont aussi l'expression de l'amour le plus pur. Thierry Sauvage, l'enquêteur, se posent les bonnes questions face à la parentalité.
Elisa Vix parvient assez facilement à mener son roman policier tout en disséquant sans ennui des questions humaines. Ces questions ne servent pas de décorum à l'histoire, elles sont approfondies et la scelle. Ce roman est profondément féminin.
mercredi 24 septembre 2008
Sa première fois ...
Les jeux de l’amour et de la mort, rien à voir avec Marivaux ! Ici meurtres, peinture contemporaine, Bars louches à San Francisco ...
Thomas Soler est un jeune peintre parisien qui peine à s'imposer, pas de contacts mondains et donc pas d'accès aux galeries d'art. Mais le hasard lui fait croiser son idole, le très riche et très célèbre peintre américain RS Gaylor. Tom trouvera le moyen de se faire introduire auprès de lui au cours d'une soirée très courue. Malheureusement, non seulement il ne parvient pas à se faire remarquer, mais il découvre le cadavre de l'américain qui l'avait introduit à la soirée dans le bureau du maître. Un peu sensible comme on le verra ensuite le jeune homme s'enfuit, et là en revanche on le remarque ! ... Le voilà suspect idéal dans cette affaire dirigée par l'inspecteur Galtier.
Cet inspecteur Galtier est donc le premier inspecteur de Fred VARGAS. Le premier roman de Fred Vargas pourra paraître assez classique à ceux qui ont lu les suivants. Néanmoins on reconnait déjà un écrivain inventif aux personnages décalés, aux histoires improbables mais tentantes.
L'auteur nous sème sur différentes pistes mais surtout je dirais sur différents point de vue, car elle alterne les narrateurs ce qui distrait le lecteur d'une réflexion suivie, et lui évite l'ennui par un va et vient d'atmosphères et d'état d'esprit.
Sur ce premier roman Fred Vargas est encore un peu timide dans son humour et dans la consistance de ses personnages, et pourtant on sent bien l'Adamsberg qui sommeille en l'inspecteur Galtier ! Mais c'est là qu'elle propose un roman policier plutôt dans la "norme" en laissant prédominer l'intrigue, ses noeuds et ses dénouements plutôt que l'originalité des protagonistes.
C'est un bon roman policier (prix cognac 1986), mais pas encore un bon Vargas. Pour autant c'est un rom'pol très prometteur de la future grande Fred Vargas qui mérite bien d'être lu.
















