mercredi 30 septembre 2009
Modiano

ça y est j'ai découvert Patrick Modiano, deux fois de suite, la première impression confortée par la deuxième. Tout premier étonnement : un genre inclassable, certainement pas du roman policier, ni du roman noir, et je n'attendais aucun des deux, mais le genre flirte avec l'enquête, le mystère. Un genre Modiano que je nommerais "recherche". Pris au hasard, l'un d'une foire aux livres, l'autre d'un état de manque en gare st lazare, deux titres que je n'ai pas soupesés avant l'achat, qui se sont révélés si proches. Deux recherches d'identité, d'une vie passée si fugitive, qu'en reste-t-il ?
Rue des boutiques obscures
Le premier lu, au coeur de l'été. Modiano est l'auteur idéal d'une douce soirée, du temps retrouvé pour le hamac et les cigales. Une sorte de bonheur malgré des histoires au fond assez amer.
C'est l'histoire d'un homme à la recherche de son identité, de son passé oublié. Autant de mystère que de nostalgie. Que reste t il de notre vie ? serait un résumé facile de ce récit troublant, truffé de questionnements et d'incertitudes pour lesquelles nous aurons chacun une réponse personnelle.
Dans le café de la jeunesse perdue
Déambulations parisiennes, des noms de rues, un bistro en particulier, des lieux précisés. Une tranche de vie commune à des personnages que l'auteur ne présente que superficiellement autour d'une femme mystérieuse. D'abord intriguée par le secret d'une femme, je me suis ensuite laissée entraînée dans les errances de Modiano, des dérives d'insomniaques, j'ai visité Pigalle d'avant les bandes rivales. Cette femme n'est qu'un prétexte à suivre le promeneur solitaire qu'est Modiano.
Deux romans qui révèlent parfaitement la passion des Delerm père & fils pour Patrick Modiano. Le style tranquille, pertinent mais prudent de Philippe Delerm est imprégné de Patrick Modiano, alors que Vincent Delerm lui n'hésite pas à faire des promenades de Modiano un sujet de chanson. On retrouve chez Vincent Delerm une façon de citer des noms très proche de celle de Modiano. Je suis contente de pouvoir faire le lien entre la sensibilité des Delerm et le style Modiano après ces lectures.
Je relirai probablement Patrick Modiano
mardi 15 septembre 2009
coup de coeur
Simple, goûteux, délicieux et extrêmement sympathique. Le tout en Sicilien absolument. C'est l'endroit où tester vos débuts en Italien car les deux frêres qui tiennent l'établissement ne sont pas avares de leur belle langue.
Je n' oublie pas de vous préciser que les formules du midi sont peu chères (moins de 10 euros !).
LA SICILIA
80, rue de Saussure - 75017 Paris 17ème
Tél: 01 47 66 02 82
Le marié était en robe ...
Un titre dont j'avais lu plusieurs critiques élogieuses au fil des blogs, je l'avais donc noté dans un coin de ma LAL, fictive puisque j'évite pour l'instant de créer une LAL pour palier aux affres de la PAL. Et puis me voilà prise dans les filets d'une offre alléchante sur BABELIO - masse critique
: un livre au choix en échange d'une critique. Pas dur et très tentant, ce livre y figurait et je n'ai pas hésité longtemps.

L'héroïne s'appelle Sophie, elle est complétement folle et c'est elle qui nous en parle dès le début. Elle oublie tout, perd tout, ne se rappelle plus de ce qu'elle a fait. Sa vie est un mystère, et elle même se demande pourquoi comment elle a tué ce petit garçon dont elle avait la garde. Malgrè un état second, elle réagit par instinct et organise sa fuite. On la découvre désordonnée mais intelligente. Course haletante pendant une centaine de pages pour une cavale réussie. Puis le roman bascule, on change de narrateur avec stupeur ... et c'est là que nous découvrons un chef-d'oeuvre de perversité.
Grâce au rythme haletant on ne s'arrête pas aux quelques déjà-vu-si-souvent, c'est lassant à la longue les caves aux murs recouverts de photos volées à la victime. Mais ce roman est un excellent thriller qui ravira les amateurs de suspens, le rythme est soutenu jusqu'à la fin : c'est le plaisir recherché par le lecteur de thrillers.
ça me fait un titre de moins dans ma PAL !
mercredi 9 septembre 2009
Epopée
Très improbablement, un homme d'affaires et un militaire, finlandais en finlande, se rencontrent dans une grange pour s'y suicider. De stupeur ils reportent leur sombre ambition, puis échaffaudent des projets de regroupement suicidaire, d'un finlandais suicidaire à l'autre ils devinrent association de mortels et s'engagent dans un road movie de l'extrême nord de l'Europe vers l'extrême sud. Arriveront-ils au but ultime : le suicide collectif ... ?

Arto Paasilinna, part d'un fait de société finlandais, un véritable fléau qui ravage son pays : le suicide. La Finlande est en effet le 5ème pays au monde où l'on se suicide le plus, peut-être à cause de l’isolement dans certaines campagnes et certainement aussi à cause de l’alcoolisme. Pour comparaison, il y a en Finlande 28 suicides pour 100.000 habitants, contre 20 en France (! quand même).
C'est le premier titre que je lis de cet auteur, "la douce empoisonneuse" figure aussi dans ma PAL, c'est donc une découverte et elle me faisait très envie car tous les thèmes humanistes abordés par cet auteur me séduisent. Par ailleurs j'ai lu de nombreux billets et critiques sur l'écriture d'Arto PAASILINNA que l'on peint comme déjantée, décalée, très humoristique. J'ai donc été légèrement déçue par le charme très discret du ton moqueur que pratique Paasilinna. De mon point de vue l'auteur est assez ironique et délirant plutôt que déjanté. Son récit est pour le moins savoureux dans un style bien personnel, marqué par un certain éloignement des situations où il place ses personnages.
A toutes les occasions qu'il s'offre Paasilinna nous fait réfléchir au sens de la vie et progressivement au non-sens de la mort. L'intérêt de la démarche de l'auteur est d'apporter des réponses valides. Pour un exemple, et il me tient à coeur : " Les déshérités d'aujourd'hui avaient plus d'argent qu'un bourgeois moyennement fortuné d'il y a cent ans. Et pourtant ils souffraient de leur dénuement, car ils voyaient autour d'eux des gens mieux lotis et, bien pire, des publicités plus alléchantes les unes que les autres. U..pensait que c'était précisément la publicité qui était la cause principale du suicide des Finlandais. A quoi bon vivre quand on n'avait de toute façon pas les moyens de s'offrir toutes les merveilles que l'on tentait à chaque instant de vous faire acheter ?". Convaincue depuis longtemps, au bord de militer contre le consumérisme qui décime le moral de nos riches contrées, il me semble que ce roman mérite d'être largement promu ne serait-ce que pour ce passage. Evidemment l'auteur idéalise des solutions comme le partage et l'humanité, mais tout le monde sait déjà cela quand bien même très peu le mettent en pratique.
Des nouvelles de ma PAL, 1 de moins, terminé dans le train aller, j'ai donc acheté un roman afin de ne pas être démunie ce soir (Dans le café de la jeunesse perdue, Modiano). Donc c'est encore un coup d'épée dans l'eau. Mais quelle belle idée que cet Objectif PAL quand même ;-)
mardi 8 septembre 2009
ô Merci France 5
Hélas, seulement le câble, le satellite ou la TNT et aussi le samedi à 13h30 sur une chaîne hertzienne (oui mais laquelle ??).
Une grande faveur est enfin faite aux amoureux des livres, depuis cette semaine rendez-vous le jeudi soir sur France 5, à 20h35, vous avez bien lu : Prime time pour les lecteurs !!
Ce magazine littéraire hebdomadaire est présenté par François Busnel, Directeur de la rédaction du magazine Lire, en direct et en public. Il échangera autour du Livre et de la littérature avec des auteurs, mais également des libraires et des lecteurs.
La Grande Librairie c'est le titre a démarré le 4 septembre avec l'inévitable rentrée littéraire : Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder ...
4 ou 5 auteurs à qui ont laisse un temps de parole utile (bien qu'un peu interrompu), intercalé de petits reportages dans leur univers privé. On présentera aussi un éditeur ou un libraire, et on a promis de s'intéresser aux auteurs étrangers.
Une véritable bouffée d'oxygène, inespérée, sur nos tristes écrans.
Malgrè tout on pourra continuer à regretter notre Bernard Pivot du vendredi soir, si tardif et si passionnant, à l'époque d'avant le grand décervelage.
vendredi 4 septembre 2009
encore un jeu pour livrovores
Voici un petit jeu trouvé chez Virginie: C'est très simple, il faut répondre aux questions avec le titre d'un livre lu cette année. Et bien sûr un titre ne peut être utilisé qu'une seule fois.
J'ai d'abord pensé que ce serait irréalisable, mais ce jeu s'est révêlé très amusant, il suffit de commencer par une liste de titre lus dans l'année si on ne les trouve pas déjà sur son blog.
* Décris-toi : L'élégance du hérisson
* Comment te sens-tu : Truismes
* Décris là où tu vis actuellement : Rue des boutiques obscures
* Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu : un lieu incertain
* Ton moyen de transport préféré : Le journal d’une hirondelle
* Ton / ta meilleur(e) ami(e) est : Quelqu’un d’autre
* Toi et tes amis, vous êtes : La nuit des autres
* Comment est le temps : un été ardent
* Ton moment préféré de la journée : 24h de la vie d’une femme
* Qu'est la vie pour toi : La Baba Yaga
* Ta peur : Moloch
* Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : Les hommes sont courageux
* Pensée du jour : Mort aux cons
* Comment aimerais-tu mourir : Le magasin des suicides
* La condition actuelle de mon âme : la boite noire
jeudi 3 septembre 2009
Petite PAL, un rêve...
Je reviens du site de BLADELOR qui adhère à un nouveau jeu pour lecteurs compulsifs de la blogosphère ... encore un moyen de réduire sa PAL.
Qu'est-ce qu'une PAL ? c'est l'inévitable Pile à Lire du lecteur fanatique. Des convoitises accumulées par le lecteur invétéré qui désormais le toisent du haut des étagères, parfois dissimulées sous le lit ou dans une caisse.
A lire par-ci par-là au fil des blogs les commentaires et les stratagèmes qui visent à s'auto-motiver pour anéantir cette PAL, inévitablement, je me pose de sérieuses questions. Comportement pathologique c'est certain, à priori intellectuellement bénéfique et plaisant, mais semble-t-il que ce soit aussi un peu douloureux, voire anxiogène.
La PAL c'est la promesse de futurs bonheurs de lecture, le constat d'une grande avidité culturelle. C'est hélas aussi le résultat déraisonnable d'une attitude addictive, qu'il s'agisse d'emprunt ou d'achat. Comme toutes les addictions elle s'avère progressivement ingérable.
Nous sommes des lecteurs passionnés. Mais peut-être aussi des prétentieux, irréalistes, incontrôlables. A quoi répond ce besoin d'envahissement livresque ? cette faiblesse des rayonnages ? Nous allons à la fnac comme d'autres au bistro (parfois les deux, certes). Et pourtant cette PAL vertigineuse nous inquiète, nous dépasse, surtout elle nous enferme. Elle interdit de nouveaux désirs, plombe notre agenda, envahit notre espace, éloigne nos relations, comment relever le défi ?
Comme vous je tente de me sortir de l'ornière en participant à des challenges d'internautes, mais comme vous je charge la mule en proposant des échanges ou des swaps ...
Est-ce que ça se soigne ? retrouverais-je un jour la liberté d'avant ma PAL ?
mardi 1 septembre 2009
On se disait ... C'est bête, on y passe et on ne s'y arrête jamais
"chez la mère à titi, c'est un peu l'Italie" ... (renaud)
Hélas ça n'est propre que sur les photos, de Lyon vieux ou jeune je garderai le souvenir d'une ville où manquent des balayeurs ...
Une bonne adresse branchée-bobo à la croix-rousse, pour l'atmosphère et la déco surtout, dans la cour intérieure par une chaude nuit d'été :
Cuisine et x-Roussiens, 2, rue de Belfort, Lyon 4ème.

J'en suis

Evidemment il me reste des défis incomplets mais qui seront réalisés, 2 lectures encore sur le défi des littératures policières 5 continents, et 1 ou 2 (?!) sur le blog-o-tresors. L'objectif PAL est une idée qui avait germée chez moi aussi cet été sans parvenir à la définir clairement. A présent tout est évident car comme le dit si justement ANTIGONE : "cette PAL (Pile A Lire) qui végète et m'empêche d'aller gaiement de l'avant vers de nouveaux livres et de nouveaux achats ! ". Soit comment s'en sortir pour avoir le bonheur d'y replonger :-) Pathologique et plaisante cette idée m'a convaincue.
J'ai quelques billets de retard, actuellement beaucoup plus portée à lire qu'à écrire, mes prochains avis seront succints.
Je vous souhaite de belles lectures !










