« Roseanna », par Maj Sjöwall et Per Wahlöö, traduit de l’anglais par Michel Deutsch, Rivages/Noir (2 avril 2008), 312 pages. Poche. 9 €. ISBN : 2-7436-1804-3

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Maj Sjöwall est née à Malmö en 1935, elle écrit toujours. Per Wahlöö né en 1926 à Göteborg, est décédé en 1975. Ils s’étaient mariés en 1962. « Roseanna » (1965) est le premier volume à quatre mains.

Bien entendu j’avais déjà lu de bonnes et nombreuses critiques sur l’œuvre de ce couple d’auteurs, mais c’est la très belle couverture, Zen et inquiétante à la fois, de la réédition Rivages qui m’a décidée à tendre ce titre pour une dédicace à Maj Sjöwall lors du Salon du polar à Montigny les Cormeilles. C’était la première fois que je faisais ce geste et je m’en suis tout de suite trouvée extrêmement gênée car Maj Sjöwall est âgée, écrire mon nom puis signer fut pour elle un long effort que j’avais envie d’interrompre. Elle m’a rendue le livre avec politesse et froideur, mais cette dédicace restera la plus précieuse quand bien même j’en obtiendrais une de Fred Vargas un jour …

Dans le décor de la Suède des années 1960, Sjöwall & Wahlöö extraient une certaine noirceur. Roseanna est un roman policier entièrement lent et glacé, l’intrigue progresse au rythme d’une croisière sur un fleuve, les personnages suédois ont le tempérament de l’hiver. L’obstination est le trait de caractère le plus marqué de l’enquêteur Martin Beck ce qui en dit long sur le rythme et le relief du roman en général.

J’ai la sensation d’avoir lu un roman policier de qualité, hélas cela ne m’a pas évité l’ennui. La victime qui tient le titre est le personnage le plus attachant par son exotisme, sitôt identifiée on découvre une femme libre, indépendante et atypique comme on en fait peu encore de nos jours, finalement. Une proie facile. Le tueur se révèlera un psychopathe insoupçonnable comme on en croise dans tant de romans d’aujourd’hui. Je crois que ce roman était effectivement très novateur pour son époque, encore aujourd’hui la plupart des romans policiers suivent sa trace, mais pour un habitué des romans policiers ce roman ne paraîtra pas extraordinaire sans son historique.

Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"