Inscrite pour une liste de 4 lectures de la méga-liste « blog-o-trésors », j’ai déjà lu et critiqué « Le sang du temps » et «  Quelqu’un d’autre », me restent donc en liste : « Rue des boutiques obscures » et « Aimez-vous Brahms … ? ». Seulement voilà, je n’ai pas résisté à lire « l’élégance du hérisson » et je viens de commencer « 24 heures de la vie d’une femme » qui figurent en bonne place dans la méga-liste …

Ce n’est pas tout ce qu’on en a dit qui m’a poussée vers le roman de Muriel Barbéry, bien au contraire j’ai la fâcheuse tendance à bouder les Best-sellers, en revanche il m’arrive de craquer, c’est bête, pour l’esthétique d’une couverture. C’est bien le cas de l’édition Folio placardée sur tous les murs de la capitale et jusque sur le quai de la gare d’Evreux. Séduite par l'objet, comme quoi le goût des livres c’est aussi le goût du livre.

Bon, le roman …

Comme j’ai peiné à trouver de l’intérêt dans la démarche de l’auteur !

Pas du tout convaincue par la dissection d’une bonne concierge. Quel toupet de qualifier la médiocrité culturelle d’une concierge au travers de ses habitudes gourmandes ! En quoi la consommation de foie de veau et de cassoulet serait le signe d’une inaptitude intellectuelle ? L’éveil de l’esprit serait donc en rapport étroit avec la préciosité ? Tandis que le goût pour des mets sophistiqués qui vous laissent un goût de trop peu et le porte-monnaie sec sont un signe d’érudition avancé. C’est sans doute le cliché le plus honteux et le plus risible du roman. Mais peut-être l’auteur a-t-elle cherché à choquer plutôt qu’à convaincre. Les intellos mal fringués amateurs de vin rouge et de charcuterie apprécieront. En ce qui me concerne, j’échoue dans la perplexité et la remise en question de mes gourmandises éclectiques. Fan de sushis et de thés, de fromages affinés accompagnés d’un café au lait, de macarons et de pain perdu … mais que dois-je lire ? Muriel Barbéry dans son édition estivale folio ?

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Néanmoins je me suis prise à l’histoire dès lors que le projecteur s’est tourné vers la jeune fille surdouée, prise à cœur je n’ai plus lâché l’histoire, pouffant de rire et terminant sur quelques larmes il faut l’avouer. Finalement ce récit eût été une complète réussite s’il n’avait été question de cette concierge grotesque dans le personnage comme dans la détermination. Il me semble que la sensibilité et l’humour de l’adolescente qui ne supporte plus sa famille ni ses voisins suffisaient à un roman. Ce qui aurait épargné au lecteur le laborieux étalage de littérature impopulaire pas tellement élégant.