dimanche 22 mars 2009
La boîte noire porte bien son titre
Je cerne de mieux en mieux ce qu'on nomme roman noir, grâce à Pascal Garnier, puis Pascal Dessaint, et maintenant Tonino Benacquista ... et j'adore ! particulièrement par les récits courts et les petites nouvelles ...
Je viens de lire "la boîte noire" titre de la première et plus longue des nouvelles de ce recueil. A priori, celle qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique avec José Garcia (2005), mais je n'ai pas encore fait de recherches à ce sujet. C'est à mon avis l'histoire la moins intéressante du recueil, pourtant menée avec originalité mais vers un aboutissement un peu fade. Bref, il y avait un scenario à faire semble-t-il.
En revanche, je me suis délectée des historiettes suivantes qui ne raconte rien du tout mais avec subtilité, et celles surtout, et c'est je pense la définition partielle du roman noir, où des gens ordinaires vivent un jour comme les autres des destins extraordinaires. Le tout sur un fond pas trés gai tranché d'humour. En tous cas, si ce n'est pas la définition du roman noir c'est devenu la mienne, celle des romans qui me plaisent en ce moment ... et Tonino Benacquista est une tête d'affiche.
Je vous recommande "la volière", très tendre, et surtout "le transfert" qui rend à la perfection la tension du personnage jusqu'au dénouement : qui ne manque pas de piquant !
Un régal, vite lu, entre deux pavés c'est l'idéal. Comme un bonbon à la menthe au milieu d'une journée d'été.
samedi 7 mars 2009
Le sang du temps - Maxime CHATTAM -
Je participe à 2 défis littéraires cette année 2009, dont le blog-o-trésors, proposé par grominou sur son blog : j'ai lu. Pour réaliser ce défi, chaque participant a proposé 10 livres parmi ceux qui lui ont laissé le meilleur souvenir. L'organisatrice a compilé ces titres parmi lesquels les participants doivent choisir chacun 4 titres à lire dont ils feront une critique.
Pour ma part je n'ai pas nécessairement sélectionné les 4 romans que j'avais le plus envie de lire, mais les 4 qui soulageraient ma PAL, parmi lesquels ce thriller : « le sang du temps » de Maxime CHATTAM.
J'ai déjà lu la trilogie du mal et "les arcanes du chaos" du même auteur, j'en garde le souvenir de romans haletants et très modernes. Imités depuis avec beaucoup moins de bonheur par Franck Thilliez. J'avais donc très envie de lire celui-ci dont l'action se situe au Mont St Michel et au Caire à des époques différentes. Maxime CHATTAM tisse deux toiles contrastées dans des univers où les fantasmes et les mystères regorgent.
Pour vous placer un peu l'intrigue, car finalement il n'y en aura qu'une, sachez qu'une jeune femme est cachée par le DST sur le Mont St Michel dont la communauté religieuse va lui confier les clefs. Le Mont St Michel quasi désert (ça c'est vraiment du fantasme) est à elle pour l'hiver. Ce sera le lieu d'une magnifique ode à la lecture. J'imaginais l'abbaye, les remparts, les ruelles, les escaliers comme le terrain idéal pour le mystère et les courses poursuites, mais le suspens sera au Caire. Le Mont St Michel lui sera le sanctuaire d'une lectrice passionnée par le journal intime de Jérémy Matheson, anglais, policier au Caire en 1928. Je ne vous cache pas que si vous êtes fervent lecteur vous vous exposez à jalouser Marion ; l'héroïne qui peut choisir librement n'importe quel recoin du Mont normalement fermé au public pour y lire à l'aise les jours de grande tempête. Orgasmique.
L'intrigue réelle se déroule au Caire où des cadavres d'enfants atrocement démembrés font renaître la légende de « La Goule » , chez Maxime Chattam les mystères sont toujours effroyables, les amateurs du genre ne seront pas déçus cette fois encore. L'auteur manipule le lecteur pour mieux dénouer les fils magiques en toute fin du roman. Mon expérience du genre m'a permise de déjouer l'auteur un peu plus tôt mais c'est assez bien fait malgré tout et surtout très crédible car la psychopathologie du tueur est déliée tout au long du roman. Je ne peux guère plus vous l'exprimer sans trahir le mystère.
Un épisode très intéressant du roman raconte l'expérience horrible du détective dans les tranchées de la première guerre mondiale où nombre d'anglais ont beaucoup souffert. C'est un passage important de l'histoire que j'ai rapproché du roman « un fleuve de ténèbres » de Rennie Airth. Un roman policier que je conseille en particulier à ceux qui s'intéressent au contexte de la guerre dans le polar.
Comme tous les romans de Maxime Chattam celui-ci encore est très bien documenté, vous en saurez plus sur l'architecture du Mont St Michel et sur la vie quotidienne du Caire dans les années 20, c'est certain. J'ai par exemple était ravie de découvrir l'origine du mot qahwa, l'importance et l'atmosphère de ces lieux, sensiblement éloignés de nos caméra-café.
Encore une fois j'ai passé d'agréables moments de lecture avec Maxime CHATTAM dont les détracteurs sont je crois des jaloux qui ne l'ont jamais lu, ou souvent, des pseudo-intellectuels qui considèrent que vendre beaucoup est un gage de crétinisme. C'est une règle un peu simple à laquelle Maxime Chattam fait exception. Son écriture est rapide et souple, le suspens est permanent, l'environnement de l'intrigue est très crédible, très riche. Dans ce roman on flirte un peu avec le surnaturel mais on n'y sombre pas, les scènes qui pourraient être gores restent relativement sobres. Tout le récit respecte un équilibre, une sorte d'alternance entre la violence et l'apaisement, les lieux s'opposent pour mieux se compléter vers la plénitude et le pardon qui sont la finalité d'un des personnages, mais aussi du récit.
J'ai eu la chance de visiter le Mont St Michel la veille d'ouvrir ce roman, une journée d'hiver peu fréquentée. J'imagine que beaucoup de lecteurs ont eu envie d'y retourner ou de le découvrir suite à cette lecture ... Cependant je m'étonne que ce titre ait été cité comme l'un des dix romans les plus incontournables d'une vie de lecteur, ce n'est certainement pas un " chef d'œuvre " de littérature, un très bon roman à suspens oui.
lundi 2 mars 2009
La vie secrète du chat qui... : contes de Koko et Yom Yom d'après le journal de james mackintosh Qwilleran
"La vie secrète du chat qui ... " , Lilian Jackson Braun 
A éviter
C'était une blague ... ??
Deux chats siamois policiers, leurs aventures narrées au travers leur maître reporter. On s'est moqué de moi, c'était un piége. Couverture attrayante, idée originale à première vue, 4ème de couverture alléchante comme il se doit, le tout dans une collection 10/18 Grands Détectives.
L'ennui c'est qu'il n'y a pas d'enquête, pas d'intrigue, même pas une histoire.
Quelques anecdotes félines d'un inintérêt pitoyable, surtout pour qui comme moi possède un chat qui ne fait rien, tellement plus passionnant que ces deux siamois qui savent miauler et voler si j'ai bien compris. Mon chat à moi ne saute pas plus haut que sur une chaise si la motivation est conséquente, grogne sous la porte comme un chien si un étranger stagne devant, ne quitte jamais le périmètre du jardin même si la barrière est grande ouverte, reste sur le dos si on l'y met, mange ses boulettes une par une avec ses pattes, ne sait pas cracher, ni griffer d'ailleurs, se lave très peu et ne recouvre pas ses besoins. Mon chat est donc extraordinairement peu chat.
Je reste encore éberluée qu'on puisse écrire des séries de romans sans rien dedans, avec des histoires de chats qui sont chats, il suffit à un éditeur de prétendre que ses chats sont détectives. Je reconnais, quand même, qu'un jour pas fait comme un autre l'un d'eux à mené son maître vers une porte dérobée grâce à son flair, impressionnant.
Même si vous aimez les chats... évitez, mieux vaut lire le magazine 30 millions d'amis.









